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La vache Galloway, de l’Écosse à Baie-Saint-Paul

Par Émilie Bernier – Avec sa robe laineuse joliment « ceinturée », ses oreilles échevelées et son tempérament avenant, la vache Galloway est absolument craquante! Les chefs et les gastronomes sont séduits par sa viande savoureuse, riche en oméga-3 et dont le faible taux de gras se compare à celui du poulet et du poisson! Éleveurs de Galloway, Patrice Filion et France Dufour de Baie-Saint-Paul aiment leurs vaches pour toutes ces raisons!

Fils d’agriculteurs, Patrice Filion avait une voie toute tracée : reprendre la ferme laitière de son père et de son oncle. Dès 1991, France et lui commencent à racheter des parts de l’entreprise jusqu’à en devenir les propriétaires en 2000. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à ce que des maux de dos lui compliquent sévèrement la tâche. «La difficulté de trouver des employés nous a incités à envisager un changement au sein de la ferme. En 2007, on a vendu le quota et ça a été une grosse décision. Quand on a vu l’étable vide, ça a été un choc. Elle n’est pas restée vide longtemps! Ça nous prenait des animaux. C’est pour ça qu’on fait de l’agriculture », relate Patrice Filion. Installés dans le secteur bucolique et habité, du bas de la baie, le couple a longuement étudié le profil de la Galloway avant de se lancer.

Pourquoi la Galloway?

Le couple procède prudemment. Au départ, quatre petites vaches Galloway font leur entrée à la ferme en compagnie de rousses Angus. En 2008, le troupeau est constitué de 25 Galloway pour autant d’Angus.

« C’était important pour nous de valider, en comparant, les informations qu’on avait recueillies sur cette race avant de se lancer », explique France Dufour, qui travaille avec son conjoint sur la ferme et s’occupe du volet marketing et mise en marché. Pendant presque deux ans, le couple élève les deux races. La vache Galloway, bien que plus petite (les bouvillons sont abattus à 1100 livres environ, comparativement à 1400 au même âge pour les autres races de boucherie), gagne des points. Rustique, elle est très résistante aux maladies et pourrait même passer l’hiver au grand air, si ses propriétaires ne la bichonnaient pas tant. « On aime leur donner un peu de confort », se défend en riant Patrice Filion. Sa longévité est étonnante : les vaches peuvent vêler jusqu’à 16 ans sans souci. Elle consomme aussi beaucoup moins de fourrage, une donnée importante considérant la petite dimension de la ferme. « On ne pouvait pas aller dans le volume, car on ne possède pas beaucoup de terre et les bâtiments sont adaptés pour une production de 75 à 80 têtes. On est aussi à deux pas du centre-ville et si on veut que la ferme perdure dans le temps, il faut miser sur une cohabitation harmonieuse. » Pour France Dufour et Patrice Filion, le choix est fait. Ils ont rejoint la quinzaine d’éleveurs de Galloway de la province cette année, après une étude de marché convaincante.

« Nos tests sur le potentiel commercial ont été concluants. On propose un produit distinct et complémentaire. Dans Charlevoix, l’agroalimentaire est en train de prendre une place importante. On ne dénigre pas la Angus, loin de là, mais la Galloway est parfaite pour nous et l’enthousiasme des chefs est là », résume France Dufour, complètement vendue à la race.

Pour l’instant, les clients cognent directement à la porte de la maison. France Dufour propose des paniers où se retrouvent diverses découpes. Déjà, elle a ses clients fidèles, dont le chef de l’Auberge du Ravage, une auberge forestière cinq étoiles qui a mis la Galloway au menu.

«Nous sommes dans la bonne région pour avoir un produit comme celui là », concluent Patrice Filion et France Dufour, d’un commun accord!

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